Un régime né dans les blocs opératoires, devenu viral dans les cuisines familiales – voilà un paradoxe qui mérite qu’on s’y attarde. La soupe au choux promet jusqu’à 7 kilos perdus en une semaine, une affirmation que beaucoup ont testée et que les nutritionnistes scrutent avec prudence. Avant de vous lancer, voici ce que vous devez réellement savoir sur ce programme.
Origines du régime soupe au choux
Ce régime trouve ses racines dans les années 1980, dans un contexte très éloigné des magazines féminins où il allait ensuite proliférer. À l’origine, il a été conçu comme un outil médical pour faire maigrir rapidement des patients obèses devant subir une intervention chirurgicale dans des délais courts. L’objectif n’était pas esthétique : il s’agissait de réduire les risques opératoires liés au surpoids.
La diffusion vers le grand public s’est faite progressivement, par photocopies échangées entre collègues, puis par forums Internet dans les années 2000. La recette circule sous des noms variés – “soupe miracle”, “soupe brûle-graisse”, “cabbage soup diet” dans les pays anglophones – mais les grandes lignes restent les mêmes depuis quarante ans. Cette longévité s’explique moins par son efficacité à long terme que par la promesse d’un résultat visible en une semaine seulement.
La recette de base de la soupe au choux
La soupe de base du régime repose sur des ingrédients simples et économiques. Voici les proportions pour préparer une grande marmite suffisante pour deux à trois jours :
- 1 chou vert moyen (environ 800 g à 1 kg)
- 6 oignons moyens émincés
- 2 boîtes de tomates pelées concassées (ou 6 tomates fraîches)
- 2 poivrons verts coupés en dés
- 4 branches de céleri émincées
- 1 litre de bouillon de légumes sans sel ajouté (ou de l’eau avec des aromates)
- Herbes aromatiques : persil, thym, laurier, selon vos goûts
- Sel, poivre – avec modération
La préparation est directe : faites revenir les oignons à sec dans une grande marmite pendant deux à trois minutes, ajoutez tous les légumes coupés, couvrez de bouillon, puis laissez mijoter à feu moyen pendant 20 à 25 minutes jusqu’à ce que le chou soit tendre. Vous pouvez mixer partiellement la soupe pour varier la texture au fil des jours. Pour une semaine entière, prévoyez de préparer deux ou trois fournées, la soupe se conservant deux à trois jours au réfrigérateur.
Comment suivre le programme jour par jour?

Le principe central est simple : vous consommez au moins un grand bol de soupe à chaque repas, matin, midi et soir. Ce qui change chaque jour, c’est le complément autorisé. Voici le programme détaillé :
| Jour | Aliments autorisés en complément |
|---|---|
| Jour 1 | Fruits à volonté (sauf bananes et pastèque) |
| Jour 2 | Légumes à volonté, cuits ou crus (sauf pommes de terre, maïs, haricots secs et pois) |
| Jour 3 | Fruits et légumes à volonté (mêmes exclusions que les jours 1 et 2) |
| Jour 4 | Maximum 3 bananes + jusqu’à 1 litre de lait écrémé |
| Jour 5 | 150 g de bœuf maigre + 3 à 5 tomates fraîches |
| Jour 6 | 150 g de viande (veau, bœuf ou poulet grillé sans peau) |
| Jour 7 | Riz complet + légumes à volonté + jus de fruits non sucré |
L’hydratation joue un rôle central dans ce programme. Vous devez boire entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour, en dehors des bouillons et tisanes autorisés. Le café et le thé sans sucre sont tolérés. Les sodas, jus industriels sucrés et l’alcool sont totalement exclus pendant les 7 jours.
Peut-on adapter la recette au Thermomix ou au Cookeo?
Les robots cuiseurs simplifient la préparation, surtout quand on la réalise plusieurs fois dans la semaine. Avec un Thermomix, placez tous les légumes coupés dans le bol, ajoutez 800 ml de bouillon, et lancez le programme Varoma à 100°C, vitesse 1, pendant 25 minutes. Pour une texture plus lisse, mixez 30 secondes à vitesse 5 à 7 en fin de cuisson. L’avantage du Thermomix est la précision : vous pouvez doser exactement les ingrédients et obtenir une soupe homogène.
Avec un Cookeo, le mode “mijotage” convient parfaitement. Faites d’abord revenir les oignons en mode “dorer” pendant 3 minutes, puis ajoutez les légumes et le bouillon. Lancez ensuite la cuisson sous pression pendant 12 minutes : le chou sera fondant sans être pâteux. Le Cookeo réduit le temps de préparation à moins de 20 minutes au total, ce qui aide à maintenir la routine sur 7 jours sans décrocher.
Ce que le chou apporte vraiment sur le plan nutritionnel
Le chou vert est l’un des légumes les moins caloriques qui soit. Selon les données d’Aprifel, 100 grammes de chou vert cru apportent seulement 29 kcal, soit 121 kJ. Une fois bouilli, cette valeur tombe à 21,6 kcal pour 100 g. Concrètement, vous pouvez manger un bol généreux de 300 g de soupe pour moins de 70 kcal – ce qui explique le déficit calorique massif généré par ce régime.
Sur le plan des micronutriments, le chou se distingue par deux apports notables. Il couvre environ 40 % des apports journaliers recommandés en vitamine C pour 100 g (36,6 mg), ce qui reste utile pendant une période de restriction. Sa teneur en vitamine K est encore plus frappante : 76 µg pour 100 g, soit 100 % des besoins quotidiens d’un adulte. Le chou apporte également 3,08 g de fibres pour 100 g, ce qui contribue à la satiété et au transit intestinal.
Ces fibres jouent un rôle concret dans la gestion de la faim. Elles gonflent dans l’estomac, ralentissent la vidange gastrique et limitent les pics de glycémie. C’est en partie ce mécanisme qui permet de tenir les 7 jours malgré un apport calorique très bas. Si vous cherchez d’autres recettes à faible densité calorique pour maigrir sans faim, le principe des aliments à haute teneur en eau et en fibres reste le même.
Combien de kilos peut-on perdre en 7 jours?
Les chiffres avancés par le programme sont ambitieux : 3 kilos perdus lors des trois premiers jours, et entre 5 et 7 kilos à l’issue de la semaine complète. D’autres sources plus prudentes évoquent une fourchette de 2 à 5 kilos. Cette dispersion s’explique par des profils de départ très différents – une personne qui mange habituellement 2 500 kcal/jour perdra plus vite qu’une autre qui consommait déjà 1 800 kcal.
Le mécanisme est double. D’abord, le déficit calorique est brutal : avec 600 à 800 kcal par jour seulement, le corps puise dans ses réserves. Ensuite, une part non négligeable de la perte de poids – souvent la moitié lors des premiers jours – est une perte d’eau liée à la réduction des glucides et du sel. Ce n’est pas de la graisse fondue : c’est du glycogène musculaire qui s’évacue avec l’eau qu’il retient. La perte de masse grasse réelle sur 7 jours reste modeste, de l’ordre de 500 g à 1 kg pour la majorité des personnes.
Avis et retours d’expérience sur le régime soupe au choux

Les retours de personnes ayant suivi ce programme sont assez constants dans leurs contradictions. Du côté positif, beaucoup apprécient la simplicité radicale du programme : pas besoin de peser chaque gramme ni de calculer des macros compliquées. La soupe se prépare en une seule fois pour plusieurs repas. Les résultats sur la balance sont visibles dès le deuxième jour, ce qui crée une motivation réelle pour tenir.
Les points négatifs reviennent tout aussi régulièrement. La monotonie de la soupe devient pesante dès le troisième jour pour beaucoup. La fatigue – physique et mentale – se fait sentir à partir du jour 4 ou 5, en particulier chez les personnes actives. Certains signalent des maux de tête les premiers jours, liés à la chute brutale de l’apport calorique. Les flatulences dues aux fibres du chou sont aussi fréquemment mentionnées.
Sur la durée parfois évoquée de 8 jours au lieu de 7 : il s’agit d’une variante qui ajoute une journée de fruits uniquement, censée “nettoyer” l’organisme. Les avis là-dessus sont partagés, et aucune donnée sérieuse ne justifie cet ajout. La grande majorité des témoignages s’accordent sur un point : le poids revient partiellement dans les deux semaines qui suivent l’arrêt, surtout si les habitudes alimentaires antérieures reprennent leur place sans ajustement.
Limites et précautions avant de démarrer
Un apport de 600 à 800 kcal par jour est très en dessous des besoins minimaux d’un adulte, généralement fixés à 1 200 kcal pour les femmes et 1 500 kcal pour les hommes. Sur 7 jours, ce déficit extrême peut provoquer de la fatigue, des vertiges, une irritabilité marquée et un risque de perte musculaire, le corps dégradant des protéines pour produire de l’énergie quand le glycogène s’épuise.
Si vous souhaitez répéter ce programme, attendez au minimum deux semaines avant de recommencer un cycle. Enchaîner les semaines sans pause amplifie les risques de carences et accentue l’effet rebond. Ce régime est formellement déconseillé aux profils suivants :
- Femmes enceintes ou allaitantes
- Personnes diabétiques (variations glycémiques importantes)
- Personnes souffrant de troubles rénaux ou hépatiques
- Adolescents et personnes âgées fragiles
- Sportifs pratiquant une activité intense (risque de blessure musculaire accru)
Consultez un médecin avant de démarrer si vous avez le moindre antécédent médical. Ce n’est pas une précaution de style : un régime à 700 kcal/jour sans supervision peut déstabiliser certains traitements médicamenteux, notamment ceux de l’hypertension ou du diabète.
Le régime soupe au choux reste un outil ponctuel, pas une solution durable
Ce programme fonctionne comme un recadrage court, pas comme une stratégie de fond. Il peut être utile après des excès sur quelques jours – fêtes, vacances – pour repartir sur une base plus légère. La perte de poids visible motive, et cet effet psychologique a sa valeur. Mais le vrai risque est de s’y fier seul, sans changer ce qui a conduit au surpoids.
La stabilisation après les 7 jours est la vraie difficulté. Pour éviter l’effet rebond, réintroduisez les aliments progressivement : protéines maigres et légumes les deux premiers jours, féculents complets le troisième, puis retrouvez une alimentation variée mais avec des portions ajustées. Si votre objectif est de contrôler votre apport calorique quotidien sur le long terme, construire un plan alimentaire équilibré après ce programme est ce qui fera tenir les résultats.
Sept jours de soupe ne règlent pas des années d’habitudes alimentaires. Ce régime peut servir de déclencheur, de signal envoyé à soi-même. Mais c’est la semaine d’après – et les mois suivants – qui décident du résultat réel. La marmite de chou, elle, ne fait que poser le premier pas.












